L’impact du changement climatique sur l’immobilier n’étant plus une simple hypothèse d’école mais une réalité, les professionnels de la filière doivent...
L’impact du changement climatique sur l’immobilier n’étant plus une simple hypothèse d’école mais une réalité, les professionnels de la filière doivent en prendre pleinement conscience pour en atténuer les effets le plus possible.
Comment adapter les bâtiments face au changement climatique ? Le Club lyonnais de l'immobilier et de la construction a planché sur la question lors de sa dernière rencontre. - © Flora Chaduc
Réunis dans les locaux climatisés de L’Auxiliaire, les adhérents du Club lyonnais de l’immobilier et de la construction (Clic) s’étaient affranchis de la canicule, lundi 22 juin, sans oublier l’actualité pour autant, puisque c’est la résilience au changement climatique qui était au programme de leur réunion mensuelle.
Pour aborder ce sujet brulant, le Clic avait rassemblé Ophélie Gémond, directrice d’agence et associée du cabinet conseil en immobilier durable Sevaia, Elena Rivilla-Lutterkort, responsable du développement durable pour la France chez Savills, Samuel Callerand, responsable régional de la gestion des actifs de Proudreed en Auvergne-Rhône-Alpes, et Yvan Patin, du pôle expertise de L’Auxiliaire.
Club lyonnais de l’immobilier et la construction : priorité à l'exposition et à la vulnérabilié des bâtiments
Sous le regard expert d’Éric Lamouret, vice-président du Clic et spécialiste des risques assurantiels dans la construction, et de Caroline Dénès, animatrice du débat, Ophélie Gémond a rappelé l’importance de deux composantes. L’exposition du bâtiment, tout d’abord, en prenant en compte des facteurs aggravants comme sa localisation au cœur de la Métropole de Lyon plutôt qu’en périphérie, avec les effets induits liés aux ilots de chaleur de centre-ville.
Mais aussi sa vulnérabilité, donc ses caractéristiques intrinsèques : enveloppe, couleurs des revêtements, protections solaires, pourcentage de façades vitrées, équipements : climatisation, ventilation...
Pourtant, bien que le constat soit largement fait et ses effets partagés, on ne peut pas parler de véritable prise de conscience. La situation continue de se dégrader. Et la question de la couverture assurantielle, notamment, commence à se poser. Certains assureurs se replient déjà progressivement, comme QBE qui va se retirer entièrement des risques "décennales" d’ici la fin de l’année.
Promoteurs, usagers, financeurs… le défi du changement climatique pour toute la filière de l'immobilier

Yvan Patin (L'Auxiliaire), Ophélie Gémond (Sevaia), Samuel Callerand (Proudreed), Elena Rivilla -Lutterkort (Savills), Éric Lamouret et Caroline Dénès (Clic). © Jacques Donnay
"Il y aura toujours des solutions, souligne Éric Lamouret, mais les coûts vont exploser. À horizon 2050, l’augmentation des primes d’assurance pourrait aller jusqu’à 200 %." Pour modifier la trajectoire il faudrait changer de paradigme, en adoptant des réglementations en fonction de ce qui va se passer et non pas en fonction de ce qui se passe.
"Le travail a commencé, avec par exemple un groupe de travail sur un projet de révision du DTU couverture, mais la démarche doit encore être accentuée", estime Yvan Patin.
Un effort d’anticipation indispensable, mais qu’Éric Lamouret ne voit pas se dessiner : "À l’exception de Paris, aucun PLU bioclimatique, y compris à Lyon, n’anticipe sérieusement le réchauffement climatique."
Certains acteurs de la filière ont néanmoins commencé leur révolution, poussés dans la démarche par leurs financeurs. C’est le cas de Proudreed, qui affiche sa volonté de mesurer la vulnérabilité de ses bâtiments par rapport à une performance de diminution de leur consommation d’énergie et au niveau de décarbonation que l’entreprise veut atteindre. "Mais pour prendre tout son sens, cette démarche doit aussi être partagée par nos clients utilisateurs", précise Samuel Callerand.
Mardi 7 Juillet 2026